
La promenade productive de la Mitrie et ses ateliers
MOIGNE Théo DUVALLON Mahé ANUNCIAÇÃO Constança LE ROUX Elvin

Texte Manifeste
La Mitrie s’est construite en fragments, des blocs dressés, des clôtures plantées, des rues qui séparent plus qu’elles ne relient. Au loin, un mur de quinze étages marque le paysage, observant le pavillonnaire tranquille. La caserne, cloisonnée, tourne le dos aux mains libres. Les murs se multiplient, fragmentent, tout en créant un cadre.
Et si on franchissait les murs par la culture ?
Franchir le mur, c’est le traverser, passer par dessus et parfois lui faire face.
Le franchir par la culture du geste, par l’artisanat et un atelier partagé, par la culture des sols, par le retour d’une terre poreuse, par la culture du commun, par le partage de l’espace et la multiplication des possibles.
Le quartier de la Mitrie se transforme, mute. Cette évolution touche l’ensemble des acteurs qui le composent : le tiers-lieu, la caserne, l’école, les habitants. Le réinvestissement des infrastructures existantes transforment les usages et fait émerger une nouvelle centralité. Ces lieux se réinventent pour accueillir des programmes dans le quotidien du quartier : des espaces d’entraide, des lieux d’activité qui redonnent vie, des espaces ouverts et accessibles, des dispositifs de rencontre et de mise en relation. Des gestes sur le quartier qui vont provoquer une réorganisation progressive se caractérisant par trois phases, pour au cours du temps arriver à décloisonner les usagers et créer un espace de convergence par la culture.
Les acteurs de la culture à l’échelle de Nantes


Un modèle déjà présent à Nantes
À Nantes, le paysage culturel est marqué par de grandes institutions, tel la tour LU, le jardins des plantes… Le projet s’intègre dans cette dynamique en cherchant à créer des passerelles avec les quartiers plus excentrés, par le développement d’acteurs culturels dans ces espaces.
Carte des acteurs à l’échelle du secteur
Dans le cadre du projet, les acteurs engagés dans la transformation du quartier de la Mitrie sont les habitants du secteur, les établissements scolaires susceptibles de s’approprier les espaces de création, l’association Les Mains Libres, les différents lieux créatifs, ainsi que les acteurs du projet de la Ville Nourricière.
Les cartes à jouer permettent d’associer ces problématiques à des lieux. Elles servent aussi à aller plus loin dans le détail avec un objet physique qui nous permet de nous resituer dans une plus grande échelle, et qui accroche l’oeil dans la présentation. Faire le choix de quel espace mérite de faire l’objet d’une carte à jouer permet aussi de définir les problématiques saillantes de nos projets, et donc de clarifier la présentation de notre projet.

DOUBLE VIE
UN ROND POINT MATIN ET SOIR QUI SE
TRANSFORME EN PARC LE RESTE DU TEMPS ?
Cette place situé dans un quartier résidentiel délivré par cinq axes, donnant sur
deux allées privées signifié par deux barrières créant une rupture dans l’espace.
Ces rues servant de parking aux habitants.
Un simple espace de liaison, fréquenté le
matin et le soir par les voitures, se transformant dans la journée en un espace de
jeux, de pause, se retrouvant dans un
quartier sans bruit avec peu de circulation.
Un espace de réunions et d’appropriations des habitants qui pourrait perdurer
dans la journée en rendant l’espace moins
fragmenté par le symbole des barrières.

UNE PLACE VIVANTE TOUT AU LONG DE L’ANNÉE
FAIRE DE CETTE PLACE UN LIEUX DE
RENCONTRE ET DE PARTAGE
Cette place de marché, vivante le vendredi matin, lors de la brocante annuelle, des sorties et rentrées des
classes, un lieux d’évènements qui doit
continuer à se développer, se transformer pour pouvoir acceuillir toutes et
tous tout en gardant son identité, gardant son rôle de point de repère dans
le quartier, un point de rassemblement.
Comment continuer et développer son attractivité dans le temps, attirer des évènements, ou bien simplement une fête de
famille, un anniversaire ?

OUVRIR LA CASERNE
FAIRE TOMBER LES MURS DE LA CASERNE ?
Des vielles casernes en pleines réhabilitaions, une nouvelle école, des logements
s’élèvent… le quartier des casernes de
Melinet se transforme et se développe.
Un lieu avec peu de commerce, et peu de
lien vers les quartiers environants, les
anciens mur de la caserne fragmentant la
zone. Créer un lien avec l’ancien, par le
biais d’infrastructures, créer un pôle lians
tout les quartiers.

FAIRE DE LA RUE UN
TERRAIN DE JEUX
RENDRE LA RUE À L’ÉCOLE
Dans cette rue animée du matin au soir,
les enfants la traversent chaque jour pour
se rendre à l’école ou rentrer chez eux.
Leur présence régulière appelle à une
attention particulière. Pour renforcer leur
sécurité, des formes artistiques organiques,
géométriques, colorées viennent ponctuer
le passage piéton, signalant avec douceur
et poésie que des enfants sont là.
Cet art, à la fois ludique et informatif, devient
un repère visuel fort pour les automobilistes.
Comment à une autre échelle serit-il
possible de rendre la rue aux enfants,
apporter un calme et un esace sécuritaire.

LE POINT CENTRE-HALLES
FAIRE DES HALLES UN POINT DE RÉUNION
AU COEUR DU QUARTIER
Les Halles de la rue Simone Iff faisaient
partie de l’ensemble de la caserne Mitrie
et après avoir servi de parking pendant
quelque temps, sont désormais réhabilitées en logements. Elles représentent un
patrimoine à revaloriser et elles possèdent
une position centrale dans le quartier de
la Mitrie. Elles permettraient de créer un
espace de partage et d’appropriation des
habitants du quartier. Comment repenser
complètement ce lieu pour l’adapter à son
nouveau quartier, tout en conservant son
identité ?

DECOUPER LA BARRE
CRÉER UN LIEN DU GROUPE SCOLAIRE AU
QUARTIER
Entre deux barres d’immeubles, le petit
Aldi en rez-de-chaussée agit comme une
coupure, isolant le grand ensemble du reste
du quartier. Ce cloisonnement freine les
échanges et limite l’ouverture vers la ville.
Pourtant, une volonté d’inclusion se dessine :
ouvrir l’îlot vers le pôle scolaire voisin, situé
sur un axe routier temporairement fermé
aux heures d’entrée et de sortie des enfants.
Cette configuration offre une opportunité :
transformer cet espace en lieu de passage
apaisé, sécurisé, et vivant, favorisant les
liens entre habitants, familles et enfants.

LES MAINS LIBRES
LIER LES HABITANTS DU TRIER LIEU AU
RESTE DU QUARTIER
Un nouvel ensemble a vu le jour : huit petites maisons et un atelier d’artiste, portés
par l’association Les Mains Libres. Ce lieu
se veut une maison de réinsertion pour des
personnes en situation de grande exclusion.
Pourtant, installé face à un espace clos, en
lisière de friches et à proximité de la caserne militaire, ce petit ensemble reste
isolé. Ses habitants vivent à la marge,
comme séparés du reste du quartier.
L’enjeu est de retisser des liens, de relier
cette nouvelle infrastructure au tissu environnant. En ouvrant les passages, en favorisant les rencontres, il s’agirait de permettre
à ces habitants de côtoyer d’autres milieux,
et de poursuivre la dynamique artisanale débuté dans l’atelier.

LES MURS VACANTS
UN LIEUX DE STOCKAGE SÉPARANT
LES QUARTIERS
Un grand espace de stockage,
enclavée par les hauts murs. Le site
semble figé, son atmosphère froide
contraste avec la rue récemment
rénovée, plus vivante et dynamique.
Pourtant, ce lieu possède un fort potentiel.
Plutôt que de rester un simple espace de
passage, stockage, il pourrait devenir un
véritable lieu de vie. En transformant les
halls de stockage en espace public, il serait
possible de redonner à ce site une fonction
sociale et urbaine, tout en valorisant son
patrimoine. Et d’y mettre en relation la
maison de réinsertion juste à côter qui
permet d’accompagner des personnes en
difficulté.

RÉPARER LES INTERSTICES
UN ESPACE VERT VACANT AU SEIN
DU QUARTIER
Un lieu à réinventer, faisant partie du
programme de Nantes Métropole Habitat.
Situé au cœur du quartier, cet espace
aujourd’hui clos par des murs reste peu
fréquenté. Pourtant, il possède un fort
potentiel : une fois ouvert, il pourrait
devenir un point central du quartier,
un lieu de passage et de rencontre.
À proximité des halles et des différentes
opérations en cours, c’est le seul espace
vert encore accessible qui conserve une
dimension naturelle, presque sauvage. Un
souffle de nature à préserver et à révéler.
(Se) faire le mur par la culture à l’échelle du point d’impact
LE DEJA-LA :
PLAN DE SITUATION


COUPES URBAINES

Coupe BB’

Coupe AA’
(Se) faire le mur : LE PROGRAMME
INTENTIONS DE PROJETS
TABLEAUX DES ENJEUX



COLLAGES
Ces collages montrent les diverses appropriations possibles du mur possible dans notre projet

Face au mur

Traverser le mur

Vivre le mur
(Se) faire le mur par la culture : Un projet en 3 temps
LES ETAPES DE PROJET

Dès demain, le projet se met en mouvement. La première étape consiste à mobiliser les habitants du quartier afin de leur permettre de redécouvrir leur environnement proche et d’en réactiver les usages. Cette démarche s’inscrit dans une logique d’aménagements évolutifs, pensés pour accompagner les transformations constantes de la ville.
La culture du commun
-franchissement des murs, partage des espaces
-les halles s’ouvrent et se transforment en maison de projet, un espace d’échanges et de participation citoyenne
– les premiers dispositifs temporaires viennent tisser des liens entre les acteurs du quartier

La culture du sol
-le sol de la caserne redevient poreux
-les mains libres s’approprient la friche, cultive le sol dans l’optique de développer la future végétation du quartier
-la noue devient lieux de culture et d’appropriations

La culture du geste
-l’ancien hangar de la gendarmerie, désormais relocalisé dans la caserne, un atelier de fabrication collective y prend place, consacré aux techniques constructives et aux savoir-faire du futur quartier, un espace visible et accessible


Dans un second temps, la culture prend sa place s’étend et ouvre les espaces. Les murs deviennent traversants, la barre s’entaille pour libérer des passages, et les habitants s’approprient progressivement les nouvelles continuités. Le quartier continue de muter transformant au fur et à mesure les espaces.
La culture du commun
–les limites se lèvent : les murs s’habitent ou se contournent
-les halles deviennent la maison de quartier
–la barre se découpe pour rétablir la circulation jusqu’au pôle scolaire
-entre les îlots-la barre de garage s’ouvre et accueil des espaces de pauses, d’abris

La culture du sol
–les sols se connectent pour former une trame commune
-la friche devient la pépinière du futur quartier, permettant un circuit court

La culture du geste
-à mesure que le chantier progresse, la maison de chantier occupe moins d’espace. Le hangar s’ouvre et ses usages se diversifient


Dans un futur proche, la ville change, évolue, la caserne se libère complètement et devient un véritable morceau de ville. Les murs disparaissent au profit d’un réseau d’espaces publics continus, accessibles et poreux. Les rez-de-chaussée s’activent, les ateliers se multiplient et les espaces productifs deviennent des lieux de rencontre autant que de fabrication.
La culture du commun
-les murs de la caserne sont franchis, le quartier s’étend
-les anciens logements sociaux sont repensés, amélioration de la qualité des espaces

La culture du sol
-les sols redeviennent riches et la végétation de la pépinière prend racine
-les cultures s’étendent, envahissent le quartier
-la trame végétal de Mitrie se connecte à Dalby et la ville nourricière

La culture du geste
– le hangar devient un véritable pôle de création ouvert, accueillant artisans, écoles, habitants et acteurs culturels
– les usages s’hybrident, faisant du quartier un lieu où l’on fabrique, apprend et habite simultanément

PRÉSENTATION VIDÉO
Le site de (Se) faire le mur par la culture présenté en vidéo
– rendu programmatique du 27/11/2025 –
Les autres secteurs