
Au carrefour des entraves, recréer de l’hospitalité de la Perverie au Cens
CHAUVET Morgane, ENOGAT Mathieu, KRIRECHE Ayla
Sur le secteur 12 plane une ombre. Des chemins partent du pavillonnaire, des logements collectifs et même du camping mais aucun n’y mène. Les circulations autoritaires du quartier la contournent en imposant un mode de vie individualiste et de repli. Tous les jours, les habitant.e.s passent devant, se demandant ce qu’il s’y passe comme devant chez un voisin qu’iels entendent sans jamais le rencontrer.
Ce monstre, qui s’élève jusqu’à cinq étages, surplombe le quartier et la vallée du Cens. Il est composé de trois bâtiments qui s’étendent sur une large parcelle, presque indécente au vue de la pression foncière nantaise.
Cette ancienne friche EDF n’est pourtant pas si effrayante. Elle pourrait même être très accueillante si on lui donnait l’opportunité de se dévoiler. En ouvrant ses grilles, ses voisin.e.s se rendraient compte d’à quel point elle peut être hospitalière. Iels pourraient l’investir et se rassembler autour de ce commun. Selon nous, c’est la possibilité de renouer le lien entre les riverain.e.s. De créer un nouveau lieu d’hospitalité autour d’un point névralgique qui redonnera une respiration à un quartier rythmé par la contrainte. C’est pourquoi, nous souhaitons faire avec ce monstre et lui redonner de sa superbe plutôt que de l’effacer du paysage.
La réouverture de la friche au public permettra de rendre la mobilité du quartier plus aisée.
Elle pourra ainsi faire office de chemin de traverse et faciliter l’accès à la Vallée du Cens. En plus d’y avoir accès, les usager.e.s pourront gravir le toit de la friche pour voir le quartier sous un angle nouveau. Iels pourront retrouver un lien contemplatif à la nature. Les promeneur.euse.s pourront y voir un sémaphore à la fois point de repère, refuge et récompense après avoir arpenté l’étoile verte de l’Erdre au Cens. Cette vallée, qui est un trait d’union entre les quartiers, est une entrée vers la friche. Les inconnu.e.s d’hier deviendront des voisin.e.s d’aujourd’hui.
Les personnes précaires qui se logent de l’autre côté du cours d’eau dans les espaces exiguës qu’offre le camping pourront investir les bureaux vides d’EDF.
D’abord timidement puis petit à petit en faire un chez elleux. La rumeur d’un lieu hospitalier s’ébruitera et après avoir si longtemps été oublié, le monstre reprendra vie et le quartier retrouvera de l’animation.
En redonnant accès à un espace inaccessible, nous souhaitons enclencher un processus de réinvestissement de la ville par et pour tous.tes, une ville plurielle et hospitalière pour enfin rétablir le courant.
Cartographie du périmètre de pertinence




Les cartes à jouer

Nous avons décidé d’exposer des scénarios de programmation en fonction de trois piliers d’hospitalité, avec comme point central la friche EDF, qui facilite leur liaison mutuelle.
Le premier axe est relatif à l’hospitalité dans le contexte de la vie de quartier (indiqué en jaune).
Le second axe se réfère à l’accueil en rapport avec la vallée du Cens (en bleu).
Le troisième axe concerne l’accueil dans le quartier et à l’échelle de la ville (en rose).
L’intention principale de ces hypothèses programmatiques est de faire ressortir les différentes échelles où nous souhaitons agir, afin de voir comment l’ancien site EDF peut être transformé en un vecteur cohérent et ré-unificateur pour une hospitalité partagée à travers tout le territoire.
PLACE AU VOISINAGE
Recréer du lien social et de l’hospitalité à l’échelle du quartier

L’un des enjeux de notre secteur est de recréer une hospitalité à l’échelle du quartier. Pour cela, nous souhaitons rassembler autour d’activités multi-programmatiques. Nous souhaitons faire de la place à l’espace public pour que l’ancienne friche EDF soit un lieu de rassemblement, librement approprié. Nous voulons également que ce soit un lieu chronotopique, qui ait une infinité de propositions pour redonner vie au quartier. En somme, nous souhaitons que la friche soit un prétexte de visite en elle-même.
Pour illustrer cela, notre scénario programmatique rend les rez-de-chaussée poreux de manière à agrandir l’espace public. Nous proposons donc d’aménager un marché, une place pouvant accueillir des évènements ponctuels comme plus réguliers et un rez-de-chaussée sous forme de porche.



A CONTRE CENS
Redonner de l’hospitalité à la Vallée du Cens

Le 2ème axe d’hypothèse programmatique concerne la revalorisation de la vallée du Cens par la réouverture de la friche vers la vallée. D’après nous la connexion entre la friche et la vallée du Cens permettrait le développement d’un 3ème degré d’hospitalité au-delà du quartier, en lien avec l’accueil des randonneurs et le dispositif de l’Étoile verte.
Pour répondre aux enjeux de cette nouvelle hospitalité, le réinvestissement de la friche serait basé sur trois grands points. Le premier, permettre l’accueil transitoire des randonneurs, le second la réouverture de la friche vers la vallée et la création d’une continuité végétale et enfin le développement d’un aspect pédagogique avec la sensibilisation des usagers sur l’écosystème de la vallée.



HospitaLITé
Faire de la friche un toit pour tous.tes

Le 3ème enjeu concerne l’hospitalité à grande échelle. Une hospitalité liée à la solidarité. En effet, de notre site est ressorti le manque de logements pour les étudiants, logés au camping de Nantes. Nous souhaitons donc que notre site mette à profit ses larges espaces vides pour créer un chez soi pour tous.tes.
Notre proposition programmatique serait donc d’utiliser les bâtiments présents dans la friche pour apporter des logements de secours pour toute personne en situation de précarité mais également des ateliers d’artistes. L’objectif n’est pas uniquement de fournir un espace de vie, mais aussi un lieu d’échange et de solution pour soutenir et intégrer chaque individu à l’échelle de la ville.


Idée d’ambiance dans le grand EDF


Le monstre d’EDF
Recréer une centralité dans le quartier de la Perverie
La friche EDF apparaît comme le nœud des entraves du quartier de la Perverie. Son implantation crée une barrière aussi bien physique que visuelle entre l’école du sacré-cœur et les tissus résidentiels du quartier. Ouvrir et mutualiser cet espace au public permettrait de recréer une respiration au sein du quartier en créant une centralité et un lieu de rencontre, absent au quartier. Le traitement du bâti existant est aussi source de question et de potentiel, il est à la fois vecteur de potentiel programme et élément hors échelle qui pourrait freiner la respiration vers la vallée.

Sortir de l’impasse
Vers un Désenclavement des îlots
La zone 12 est faite de tissus urbains constitués. Chacun des éléments qui le composent s’est développé de manière indépendante en s’implantant sans communiquer avec ses voisins. Nous avons donc des logements pavillonnaires, des logements collectifs, la Vallée du Cens, le camping de Nantes ainsi qu’un ensemble scolaire. Ces différents tissus s’entrechoquent, perméables par une succession d’impasses, de clôtures, de digicodes. L’enjeu serait donc ici de rendre l’ensemble de ces tissus poreux, afin d’enfin sortir de l’enclave. Pour cela, il faudra recréer du commun autour d’un nouvel espace public et rendre l’accès à la Vallée du Cens.

A contre-Cens
Vers une revalorisation de la vallée
La zone 12 comporte une partie de la vallée du Cens, une entité naturelle qui regorge de potentiel. Elle pourrait devenir un lieu de loisirs, de balade ou encore de rencontre en la pensant comme une zone de rencontre inter-quartier. Des initiatives comme l’étoile verte sont déjà là avec la remise en état et la création de cheminements, pour mettre en valeur des parcours de randonnée le long des cours d’eau du territoire de la métropole nantaise.
L’enjeu serait donc de continuer dans cette voie en valorisant la vallée avec des aménagements pour que les habitants du quartier puissent profiter de ce poumon vert.

Du loisir à la nécessité
Le camping comme solution d’hébergement alternatif
Le camping rime souvent, dans l’imaginaire collectif, avec loisir. Le cas du camping de Nantes est toutefois un peu différent. C’est un camping urbain, à proximité directe de la faculté. Au vu de la difficulté de se loger à Nantes, certain.e.s étudiant.e.s y logent de manière durable. C’est le cas de 50 d’entre elleux. Le camping inclut même les étudiant.e.s dans sa stratégie de communication et possèdent des mobil-home avec des noms comme “le petit écolier” par exemple. L’enjeu serait donc ici d’inclure le camping et ses habitant.e.s dans l’espace public de la zone en les prenant en compte dans leur ancrage local dans le quartier.

En marche vers la mobilité douce !
Rendre sa place aux piéton.ne.s
A travers la zone 12, vous traverserez des zones pavillonnaires, des grands axes routiers et enfin la vallée du Cens. On se rend facilement compte que la place du piéton n’est pas facilitée sauf dans la vallée du Cens. La forte présence de la voiture empiète sur les zones piétonnes déjà peu présentes. Il serait intéressant de créer de la mobilité douce à travers ces différentes zones en les reliant jusqu’à la vallée dissimulée. Les logements collectifs et résidentiels autour de la vallée possèdent déjà des cheminements qui mènent vers le Cens. Cependant, il faudrait apporter des transitions douces et plus généralisées.
PRÉSENTATION VIDÉO
Le site de Rétablir le courant ! présenté en vidéo
– rendu programmatique du 27/11/2025 –
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