
Transformer l’ordinaire en ressource publique et partagée
El Chamaa Ward, Papin Tom, Weis Solenn

Aujourd’hui, le quartier de Sainte-Thérèse apparaît paisible mais figé. Les rues s’étirent entre pavillons et garages fermés, tandis que le mardi matin, le marché du boulevard des Américains vient brièvement rompre cette inertie. L’axe reliant le square Washington à l’église Sainte-Thérèse concentre cette animation, notamment autour du parvis, où se superposent les flux de la route de Vannes. Au-delà, la vie du quartier demeure en retrait, suggérée par la végétation et des garages largement sous-utilisés.
Le quartier résidentiel gagnerait à renforcer la présence d’espaces publics. Certains lieux aujourd’hui dormants peuvent devenir de nouvelles polarités, reliées en réseau et formant un cheminement continu.
Les écoles structurent une zone de savoir et de mobilité, tandis que l’immeuble collectif devient un repère et un cœur culturel accessible. Les garages se connectent pour former un atelier partagé, renversant les usages et redonnant un rythme au quartier.
Demain, selon un modèle polycentrique, ces cœurs en clos accueillent des usages complémentaires. Le Centre Culturel s’installe en rez-de-chaussée du logement collectif, les cours d’école s’ouvrent aux habitants et la Fabrique devient un ancrage social et artisanal. En réactivant l’esprit du marché, le quartier se transforme en révélant ses interstices comme espaces de rencontre, faisant de Sainte-Thérèse un modèle discret mais vivant de transformation urbaine.
Cartes à jouer
Une nouvelle centralité

Comment transformer un logement social en polarité structurante pour le quartier ?
Au cœur de ce logement R+7, les garages deviennent un véritable cœur de quartier, intégré aux axes et aux réseaux de grandes places de Nantes. Les rez-de-chaussée sont actifs et poreux, ouvrant l’accès au centre, puis aux pavillons plus loin, créant des usages variés et complémentaires. Ce nouveau centre résonne avec le parvis de l’église. Il crée un nouveau cheminement au sein même de la zone résidentielle, mais surtout entre les deux écoles, renforçant la continuité et la vitalité de Sainte-Thérèse.
Entre 2 cœurs

Comment articuler le tissu urbain autour de différents axes et centralités ?
Le quartier Sainte-Thérèse disposera bientôt de deux pôles attractifs : le parvis requalifié de l’église et la nouvelle place au cœur de l’immeuble de logements. L’enjeu est de faire des rues un véritable lien structurant et apaisé : circulation limitée aux riverains, vitesses réduites, sens uniques, et libération d’espace pour intégrer plantations, jeux et mobilier. Ces rues deviendraient des cheminements permettant aux habitants de traverser le quartier relié harmonieusement entre les deux cœurs et en inscrivant le trajet dans le réseau global de centralités du quartier.
Les ateliers en réseau

Comment transformer des garages oubliés en lieux d’apprentissage et de partage ?
Au sein des cœurs d’îlots pavillonnaires, de nombreux garages restent vides ou sous-utilisés, formant des zones peu animées et isolées. Ces espaces pourraient devenir des lieux d’apprentissage et de créativité. L’idée serait de créer un cheminement central, traversant ces garages et les reliant entre eux, afin de générer un réseau d’ateliers ouverts et communicants. Ce passage permettrait non seulement de donner une nouvelle fonction aux garages, mais aussi de créer un micro-espace public interne, favorisant les rencontres entre voisins, les échanges intergénérationnels et le développement de pratiques artistiques ou techniques dans un cadre sécurisé et convivial.
Les parkings mutualisés

Comment repenser le stationnement à l’échelle du quartier ?
Les deux dents creuses deviennent aujourd’hui des pôles de stationnement mutualisés pour le quartier Sainte-Thérèse. Dans un contexte où la voiture individuelle disparaît progressivement des rues, ces parkings concentrent désormais les voitures partagées accessibles à tous les habitants. Cette nouvelle organisation permet de libérer l’espace public, de désencombrer les rues pavillonnaires et d’offrir une seconde vie aux cœurs d’îlots, rendus à la nature et aux usages piétons. Ces parkings partagés deviennent ainsi des infrastructures de transition, au service d’un mode de vie plus collectif, plus écologique et plus cohérent avec le futur visage du quartier Sainte-Thérèse.
La cour partagée

Comment profiter de la cour de récréation de l’école pour en faire un espace public pour le quartier ?
Deux complexes scolaires sont situés dans le quartier (école Sainte Agnès/Collège T. Vénard, école/collège G. Serpette) et bénéficient de grandes cours de récréation. Dans le cadre de restructuration du réseau de places de quartier, ces cours s’ouvrent en dehors des heures d’école, permettant aux enfants et jeunes du quartier de profiter d’un terrain de jeu. Elles s’intègrent ainsi au cœur du tissu urbain résidentiel dédiée en partie à l’apprentissage.
Le parvis villageois

Comment créer une vraie place de quartier ?
En dehors des horaires de marché, on constate un parvis vide, malgré la taille de l’église, qui pourrait accueillir beaucoup de public. La place Alexandre Vincent, en face, est coupée par la circulation : l’axe de la Route de Vannes et la ligne de tramway. Le lieu est pourtant central dans le quartier, situé au bout du marché et au bord de l’arrêt de tramway, ainsi connecté au centre de Nantes, mais avec le temps, les flux routiers ont grignoté l’espace commun. L’enjeu serait d’en faire un véritable lieu de rencontre, que l’église trouve son rôle d’élément central du village.
Le square réveillé

Comment redynamiser le lieu Washington pour en faire un lieu vivant, complémentaire du Marché ?
Le square est aujourd’hui un espace en retrait, sous-exploité par rapport à sa localisation stratégique à proximité du marché. Même s’il a une grande superficie et un potentiel d’ouverture par rapport au boulevard des Américains, il reste inactif dans la vie du quartier. Le potager et le compost présents dans le coin du square témoignent d’une volonté de réappropriation. L’enjeu consiste à exploiter le potentiel du square pour en faire un lieu de vie du quartier et un prolongement du marché et de l’église, axe central du secteur.
La rue des écoliers

Comment sécuriser la rue pour en faire un espace adapté aux déplacements scolaires et piétons du quartier ?
La rue est aujourd’hui une voie principalement dédiée aux voitures et au stationnement. Les trottoirs sont étroits et peinent à accueillir les flux d’élèves, de parents et d’habitants. L’enjeu est de repenser la rue non comme un simple passage, mais comme un espace de vie, adapté aux déplacements piétons et scolaires. Une intervention permettrait de créer une continuité avec la nouvelle centralité du quartier, reliant l’école, le tram et les cœurs d’îlots, et d’inscrire la rue dans un véritable réseau de déplacements doux. La rue devient un fil structurant, reliant les polarités existantes et à inventer, et offrant aux habitants un espace où circuler, et habiter.
Des axes articulés autour des centres


Enjeux et références associées




Une circulation modifiée


Programmation
1. Parvis de l’église/La vitrine
Joue le rôle de centre d’exposition où l’on présente les produits et services de la fabrique et du centre culturel ; c’est un lieu de boutiques, d’exposition et de vente, bénéficiant d’une forte visibilité, d’un important passage, d’une légitimité et d’une ancienneté qui en font un repère pour les habitués.
- Comptoir : déposer des objets à réparer, acheter ou commander des produits.
- Boutiques locales : alimentation, objets, petit mobilier, art, réparation.
2. La rue des écoliers
Transformer une rue aujourd’hui dédiée aux voitures en un espace entièrement piéton et sécurisé, adapté aux déplacements scolaires.
- Aménagements de rue : bancs, arbres, éclairage, marquages ludiques et zones d’attente sécurisées.
- Suppression totale de la voiture : fin du stationnement et de la circulation automobile dans la rue.
- Cheminement piéton continu : parcours clair reliant l’école, l’arrêt de tram et les cœurs d’îlots.
- Mobilités douces : intégration d’une piste cyclable protégée et de traversées lisibles pour les enfants.
3. Les cours d’école
Ouvrir les deux cours en dehors des horaires scolaires (soirs, week-ends, vacances) pour qu’elles deviennent des centres complémentaires lorsque les trois autres centres sont fermés.
- Aménagements attractifs : mobilier sportif, parcours santé, jeux et végétation pour encourager l’usage par les habitants en dehors des heures de classe.

4. La Fabrique
Centre de production où une diversité d’ateliers conçoivent, fabriquent et réparent des objets ; tout ce qui y est créé est ensuite exposé, montré ou vendu dans les boutiques de “La Vitrine”.
- Atelier libre : espace ouvert à tous pour expérimenter, bricoler ou créer.
- Atelier libre : espace ouvert à tous pour expérimenter, bricoler ou créer.
- Menuiserie/mobilier : fabrication de pièces en bois.
- Atelier vélo : réparation et entretien.
- Cuisine partagée : ateliers de cuisine.
- Textile : fabrication et réparation de vêtements.
- Numérique : impression 3D, logiciels, petites réparations techniques.
5. Le cheminement
Création d’une continuité claire entre La Vitrine, la rue des écoliers, la première école, La Fabrique et le centre R+7, grâce à un matériau unique (pavés d’une même couleur) et un mobilier urbain cohérent : bancs, lampadaires, arbres. L’ensemble forme une véritable “balade” qui relie tous les lieux.
- Mobilités douces : création d’une piste cyclable et piétonne continue pour faciliter les déplacements et renforcer la logique de connexion entre les centres.
- Signalisation commune : petits panneaux indiquant en permanence les trois centres et les distances restantes pour renforcer l’idée d’un réseau de cœurs interconnectées.
6. Le centre culturel
Espace d’apprentissage placé entre les deux écoles, dans un lieu central, sécurisé pour les enfants et facilement accessible, il crée un lien direct avec les écoles et devient un repère éducatif et culturel pour le quartier.
- Petite scène : fêtes, expositions et événements liés aux ateliers.
- Bibliothèque/médiathèque : lecture, recherche, ressources éducatives.
- Salle d’apprentissage : cours, soutien, ateliers pédagogiques.
- Café solidaire : espace de rencontre et d’échanges ouverts à tous.
- Ludothèque/jeux : jeux de société et activités pour enfants.
- Espaces verts et aires de jeux : extérieur sécurisé pour activités libres.
Phasage du projet
Phase 1 :
Prémices du projet : identification du Parvis et ses environnants, qui pourraient bénéficier d’une requalification.
Phase 2 :
Les écoles encadrent notre première zone d’intérêt, mais la circulation est restreinte.
Phase 3 :
Les cours d’école offrent un potentiel de programmation dont tous les habitants, surtout les écoliers, pourraient en profiter.
Phase 4 :
Identification de parkings abandonnés, pouvant être reliés en réseau et penser leur reconversion en une fabrique de production et d’ateliers.
Phase 5 :
Peu à peu, l’ensemble forme une véritable promenade où tous les lieux se répondent et se révèlent comme un système cohérent et lié.
Phase 6 :
Ce parcours unifié mène naturellement vers une nouvelle centralité : le centre culturel R+7.

PRÉSENTATION VIDÉO
Le site de Du passage au partage. Vers de nouvelles centralités à Sainte-Thérèse présenté en vidéo
– rendu programmatique du 27/11/2025 –
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