Mais qu'est-ce donc qu'un espace public ?

09. Rives et Dérives de la Chézine

Redonner verdoyance à la Chézine

COLLEY Camille – GERMAIN Myrtille – PACCALLET Tom – SOUDANI Joudline


TEXTE MANIFESTE

Proche du centre ville démarre la promenade de la chézine qui se prolonge jusqu’à la périphérie ouest de la ville. Ce tronçon de parc se démarque à la fois par sa situation, encaissé dans une petite vallée bordée d’immeubles, mais également par le condensé de nature qu’il représente pour un espace si proche du centre ville. La promenade de la Chézine se révèle être une double richesse, à la fois en termes de biodiversité mais aussi pour ce qu’elle symbolise pour ses usager.es. Aujourd’hui c’est un passage vert aménagé pour la promenade fréquenté par des personnes aux profils variés : coureur.euses, cyclistes, enfants en trottinette, skateurs, seniors en balade, promeneur.euses de chiens… Il fait partie du programme de l’étoile verte de Nantes métropole qui prévoit de créer des parcours de randonnée dans une démarche de reconsidération des vallées vertes de la ville. Dans sa simplicité, cet espace permet des usages variés, cependant, la pause y est peu fréquente. La promenade de la Chézine, enserrée entre des propriétés privées aux délimitations physiques marquées, se transforme progressivement en un simple passage, marqué par les rythmes du quotidien de la ville et de ses travailleur.euses. Les usager.es se questionnent sur l’intensification des usages, les conflits que cela peut entraîner, mais aussi sur la préservation de cet espace synonyme d’échappée pour certain.es. Le parc reste parcouru par les habitant.es du quartier qui le connaissent bien, parfois depuis une vingtaine d’années sans pour autant s’être rencontrés entre elles.eux. Dans ce secteur globalement résidentiel, rares sont les espaces publics partagés, autodéterminés, accueillant des échanges divers qui ne relèvent pas que de la consommation. La Chézine abrite une rivière délaissée et des espaces boisés auxquels il ne reste plus aucun caractère propre et qui pourraient prétendre à un autre avenir.


CARTES A JOUER

Belvédères

LE BELVÉDÈRE COMME NOUVELLE DIMENSION DE LA PROMENADE DE LA CHÉZINE ?
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Le Val de la Chézine est une canopée verdoyante mais qui pourrait manquer d’attrait en tant que promenade. En effet, à certaines heures le parc se transforme en « boulevard » où les promeneur.euses ne semblent plus trouver leurs places. La topographie du site pourrait toutefois offrir plusieurs points de vue sur une rivière encaissée donnant de nouvelles dimensions à la balade. Depuis les rez-de chaussé bordant le parc ou en hauteur à proximité des berges, les usager.es du parc pourraient alors retrouver des espaces contemplatifs. Ces belvédères pourraient apporter un espace plus serein et sortir le parcours d’une dynamique fonctionnelle.

La Chézine

COMMENT LA BALLADE DE LA CHÉZINE SYMBOLISE-T-ELLE LES ENVIES OPPOSÉES DE SES USAGER.ES ?
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La Chézine est un des parcs les moins aménagés proches du centre ville : cette promenade enclavée entre les arbres, au coeur de la ville, forme un espace public intermédiaire, ni tout à fait urbain ni véritablement parc. Elle offre un espace naturel salutaire pour les habitant.es qui y trouvent un espace dit « sauvage ». Nombreux.euses sont celle.eux qui ne voudraient surtout pas que ce parc change. Cependant le fond de vallée pourrait représenter un potentiel lieu des sociabilités de quartier comme une promenade plaisante pour les promeneur.euses. La question du devenir du parc en termes de cheminement et d’aménagement est alors centrale dans son impact sur les dynamiques de quartier.

Seuils – Transitions

COMMENT LES SEUILS PEUVENT-ILS DÉLIMITER LES ESPACES PUBLICS ?
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Entre le parc et l’urbain il y a différents types de transitions qui définissent nécessairement son accessibilité. Ces seuils pourraient être pensés en tant que tels et proposer alors au quartier et à ses habitant.es des programmes nouveaux. Il semble y avoir un enjeu commun aux quartiers entourant le parc concernant les espaces productifs, culturels et susceptibles de favoriser les sociabilités de quartiers. C’est un sujet à lié à la question des commerces et des services.
Sur la question des transitions, on note que proche d’un des rares logements sociaux bordant le parc, seule la Chézine coupe l’accès au parc. C’est également une des transitions qui pourrait être travaillée et qui concerne directement l’accessibilité du parc.

Associations

COMMENT UNE VIE ASSOCIATIVE VIENT REDONNER UN SOUFFLE AU QUARTIER ?
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Rue des Dervallières il n’y a qu’un lieu où sont établies différentes associations. Crèche, bibliothèque, AMAP, hébergement d’urgence, foyer social sont réunis autour d’une cour intérieure et constituent pour ainsi dire la seule présence associative visible dans le quartier. Ce lieu, précieux pour celle.eux qui le fréquentent est cependant loin d’être connu de toust.es et ne pourrait dans tous les cas pas forcément accueillir plus de monde. Développer des programmes qui répondraient à cette demande pourrait transformer les dynamiques du quartier. On pense alors aux marchés, aux espaces culturels de toute sorte et aux espaces rassemblant des familles développant les sociabilités intergénérationnelles.

PLAN MASSE

CARTE DES USAGER.ES


TABLEAUX ENJEUX / RÉFÉRENCES

TABLEAU DES ENJEUXFONCTIONNELSOCIALSENSIBLE
IMPACT La Chézine : un espace à préserver.

– Limiter l’accès ?

– Redéfinir les usages principaux de la Chézine.

-Éliminer les conflits d’usages.
– Quelles sociabilités produit-on ici par l’espace ?

– Sociabilité et co-responsabilités ?

– Reconsidération des seuils et frontières.
– Suivre les saisons au bord de la Chézine.

-La Chézine, bientôt à sec ?

-Le retour des non-humains : qui habite le parc ?
SECTEUR– Latéraliser les cheminements ?

– Couper la rue Bouchaud

-Transfert d’usages !
– Les rez-de-chaussée, ré ou dés-appropriés ?

– Habiter les franges.

– Quelle diversité d’habitant.es ?
– Considérer le microclimat des berges comme une partie d’un tout.

– Belvédères et mise à distance quelles ambiances ?

-Les temporalités d’usage, le rythme de qui ?
TRANSECT– Que représente le parc à l’échelle de Nantes ?

– La question du franchissement.
– Partage de connaissance ?– L’enjeu climatique quand il devient sensible.

– Désanthropisassions

AXONOMÉTRIE SENSIBLE

Une approche sensible des rythmes au bord de la Chézine


SCENARIO 1

UNE VALLÉE DYNAMIQUE

LA CHÉZINE DÉNOUÉE !

Quels futurs à l’entrée de la promenade ? Une première hypothèse serait de résoudre les conflits d’usages, de rendre cet espace aussi qualitatif que le potentiel qu’il présente. La Chézine est aujourd’hui loin d’être occupée comme elle pourrait l’être. En effet, les promeneur.euses à la retraite promènent leurs chiens, et les travailleur.euses passent tous les jours au même rythme. Au croisement avec la rue Bouchaud, les cyclistes et les voitures frôlent l’accident quotidiennement. Il y aurait tout intérêt à définitivement séparer et à fluidifier les mobilités, à accorder aux différents usages l’espace qu’ils nécessitent, et en inviter de nouveaux. Les berges pourraient être aménagées, hospitalières, accueillir une diversité d’occupation et être appropriées par les habitant.es du quartier. Le parc réunirait un public intergénérationnel, autour d’activités variées, permettant aux visiteur.euses de se rencontrer et d’échanger.

Le boulevard Chézine – Coupe

MAIS CELA NE SERAIT-IL PAS UNE PROPOSITION TROP SIMPLE ÉCARTÉE DE TOUTE REMISE EN QUESTION DE NOS RAPPORTS AUX ESPACES ET SURTOUT AUX ESPACES NATURELS EN VILLE ?


SCENARIO 2

ENSAUVAGEMENT

DES-MÉNAGEMENTS

Ainsi quels regards avoir sur un espace définitivement menacé, sur ce qu’il représente et ce qu’il pourrait représenter ? Les espaces naturels sont une ressource que la ville néglige aujourd’hui, mais dans quelques années il s’agira sans doute des espaces urbains les plus précieux. Le parc de la Chézine se trouve ainsi bien trop fréquenté, progressivement dénaturé, définitivement délaissé en tant que paysage vivant. Il s’agit alors de rendre prioritaire sa protection et son ré-ensauvagement autant que possible. Pour cela, il faudrait fermer le parc, lui laisser le temps de souffler, de reprendre vie. La vallée deviendrait une bulle de verdure en ville, inaccessible et symbolique. Cette transition aurait une dimension pédagogique et expérimentale dont les apprentissages constitueraient une ressource en tant que tels. La fermeture des franchissements terrestres s’accompagnerait de la création d’une passerelle reliant les deux rives.

Le bout du monde – Coupe

MAIS CETTE PROPOSITION NE RELÈVE-T’ELLE PAS D’UNE UTOPIE ÉCOLOGISTE BIEN ÉLOIGNÉE DU CONTEXTE NANTAIS ET DES VOLONTÉS DES HABITANT.ES ?


SCENARIO 3

D’UNE RIVE A L’AUTRE

VENIR HABITER LES BERGES

Ainsi, à notre sens, il est préférable de ménager le parc plutôt que de l’aménager à défaut de le déménager. Si les deux hypothèses précédentes ne sont pas pertinentes, quelles alternatives sont possibles ? Selon nous, ce parc devrait être revisité, redécouvert puis occupé différemment suivant de nouvelles temporalités et dans de nouveaux intérêts. Ainsi, nous imaginons de nouvelles formes de partage et de cohabitation, à l’initiative des occupant.es tout en restant dans une démarche de préservation de l’espace.
Pour permettre à ce parc de reprendre son souffle, nous voulons lui laisser du temps, et laisser de la place aux vivants non-humains afin qu’ils reprennent leur rythme. Ainsi, dans certaines parties de la vallée, conditionner l’accès, et dans d’autres, changer radicalement les usages.

PRÉSENTATION VIDÉO


Le site de Rives et Dérives de la Chézine présenté en vidéo
– rendu programmatique du 27/11/2025 –


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